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Date de création : 02.06.2008
Dernière mise à jour : 29.05.2009
20 articles


CINEMA ET FOI :17- ANGES ET DEMONS de Ron Howard USA 2009

Publié le 29/05/2009 à 12:41 par religiosite
CINEMA ET FOI :17- ANGES ET DEMONS de Ron Howard USA 2009
:17- ANGES ET DEMONS " Angels and démons" de Ron Howard USA 2009

Le film est tiré du roman policier de Dan Brown paru en 2000. Il compose le premier volet de la trilogie Robert Langdon.L’histoire est mouvementée et compliquée : l’Eglise catholique à un ennemi : les Illuminati » décidé à l’anéantir comme cela avait été décidé plusieurs siècles auparavant. Le Vatican décide de faire appel au professeur Robert Langdon expert en religions d'Harvard (Tom Hanks ) pour résoudre cette affaire qui débute de façon violente par l’enlèvement de quatre cardinaux susceptibles d’être le prochain pape et leur exécution en lieux religieux publics .En parallèle En parallèle une arme scientifique capable d’anéantir Rome a été volé par les mêmes méchants ce qui fait entrer dans l’enquête une scientifique: Vittoria Vetra (Ayelet Zurer) . Cette affaire pénible surgit lors de l’élection du nouveau pape et le camerlingue (Ewan McGregor ) tente de calmer la tension d’aider Langdon dans ses recherches en lui mettant à sa disposition le Commander Richter (Stellan Skarsgård) et le cardinal Strauss (Armin Mueller-Stahl) . De catacombe en crypte mystérieuse où ont lieu les supplices infligés aux religieux kidnappés notre professeur va déjouer le complot .

Le premier reproche du film est sa longueur notamment dans la première demie heure fort ennuyeuse où nos deux héros bavassent avec des termes scientifiques et des explications compliquées ralentissant l’action. L’histoire en fin de compte se résume en coups d’éclat et coups de théâtre qui relève plus du film à gros budget jouant sur les effets spéciaux que sur le film religieux qui s’interroge sur la foi et le pouvoir de l’Eglise. Nous sortons de cet épisode comme du précédent « Da vinci code » déçu malgré quelques bons interprètes notamment Ewan McGregor plus convaincant dans son interprétation que Tom Hanks qui semble distant par instants. De toute façon ce type de cinéma n’est pas là pour la réflexion ( malgré son approche timide du pouvoir de la science face à celui de l’ordre religieux) ni pour un cinéma nouveau mais pour honorer le cinéma ludique , le produit hollywoodien certes moins imbécile qu’à l’accoutumée, Ron Howard capable du pire et du meilleur venait de nous donner avec « Nixon et Frost « le meilleur.

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CINEMA ET FOI :16-LE RETOUR DE DON CAMILLO de Julien Duvivier 1952 france

Publié le 11/05/2009 à 12:00 par religiosite
CINEMA ET FOI :16-LE RETOUR DE DON CAMILLO  de Julien Duvivier 1952 france
16 LE RETOUR DE DON CAMILLO de Julien Duvivier 1952 france

Voilà un film qui sous sa présentation populaire affiche des qualités artistiques qui en font une œuvre importante ; et nous savons que cette série fut inégale et que Julien Duvivier n’était pas un bleu, ni un cinéaste consensuel

Dans cette deuxième opus qui en comptera cinq (1) nous assistons au retour de Don Camillo (Fernandel ) dans son ancienne paroisse après un bref séjour dans une autre par sanction. Il y retrouvera son adversaire et ami : le maire communiste Pépone (Gino Cervi ) . Tous deux affronteront les problèmes internes de leur village (clocher défaillant de l’église, Agression violente entre partisans , enfant fugueur, violence entre adolescent ) et une décrue finale qui l’inonde et va mettre la vie de nos deux protagonistes en jeu.

L’œuvre diffère du film précédent signé aussi de Julien Duvivier et se montre plus captivante ; attrait dominé par sa source religieuse appuyée et par la mise en scène spectaculaire du cinéaste (église inondée et véritable crue du Pô) . Don Camilo perd à plusieurs reprises la foi certes momentanément ; il est rappelons un homme d’église qui fume le cigare ,joue de ses poings et converse avec Jésus Christ . A ce propos Duvivier nous offre dans cette comédie une des scènes les plus fortes du film : Quand Don Camillo trainant la croix géante et lourde de son seigneur tout au long d’une côte neigeuse sous un temps brumeux, s’écroule sous le poids de sa charge et il entend la voix céleste lui rappeler son devoir. Nous savons dès lors que ce divertissement se veut ambitieux et religieux ( l’épisode désopilant de ce vieux médecin -Edouard Delmont - qui ne veut pas mourir et qui achète l’âme d’un contestataire persuadé de ne point en avoir ) sans se départir de son humour dû aux dialogues de René Barjavel , aux personnages de Giovanni Guareschi ( 2) et bien sur aux deux acteurs principaux.

Il est vrai que le réalisateur à choyé le personnage de Don Camillo présenté ici comme certes un contestataire ; mais un homme bon , pleine de compassion qui se conduit comme frère avec Pépone et comme père (non spirituel ) avec son fils ; d’ailleurs il est dit lors de son absence « Que les vieillards refusent de mourir et les enfants de naître » le personnage est cafardeux , triste et empli de noirceur et joué comme cela c’est du grand Fernandel

Ce film nullement mineur aux moments forts nous en offre un dernier lorsque les deux partis ( Eglise et Communisme) en pleine discordance qui voient les enfants , leurs enfants se violenter vont subir le pire fléau : une crue. Elément naturel qui calme les différents et les ardeurs et qui pourrait être un signe divin de mécontentement contre la gente humaine. Don Camillo resté sur place est assommé par une poutre et sauvé (3) par son cher et tendre ennemi, et retrouvant à nouveau la foi s’active pour une renaissance : la sienne ? celle de son village où celles de ses ouailles qui se sont laisser aller ?

(1) De 1952 à 1965 les trois derniers seront réalisés par Carmine Gallone et Luigi Comencini

(2) Qui écrivit pour le cinéma ,vit son héros dans plusieurs films dont une série et travailla avec Pasolini qui avait une opinion pointue sur la religion

(3) Duvivier voulait que Don Camillo meurt pour lui éviter des suites et à voir celles ci ; il n’avait pas tort. « julien Duvivier le mal aimant du cinéma français « de Eric Bonneville L’Harmattan

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CINEMA ET FOI : 15- BERNADETTE de Jean Delannoy France

Publié le 23/04/2009 à 12:00 par religiosite
CINEMA ET FOI : 15- BERNADETTE  de Jean Delannoy  France
15- BERNADETTE de Jean Delannoy France 1988 (1)[/FONT]

[COLOR=blue] Bernadette (Sydney Penny) adolescente de 14 ans , fille d’une famille nombreuse (9 enfants dont cinq survécurent ) dont les parents tentent de joindre les bouts, but difficile qui les fait emménager dans un lieu exigu et compliqué du fait de l’arrestation injuste du père (Roland Lesaffre) .

Sa vie difficile du fait de son illettrisme et de son asthme aussi va être agrémentée par une suite d’apparitions à 14 ans dans une grotte près de chez elle. Effectivement durant cinq mois elle déclare voir la vierge près d’une vingtaine de fois ; visions qui ont lieu devant des témoins familiaux et privés sans qu’aucun de ses participants partagent les évocations de Bernadette Soubirous

La vie secrète et mouvementée de Bernadette Soubirous est racontée avec tact , discrétion sans éclat cinématographique à la Cecil B de Mille ( Les 10 commandements ) ni de symbolisme appuyé à la Buñuel .C’est l’histoire d’une fille simple , pauvre et quelque peu malheureuse , c’est aussi l’histoire d’une société et de ses représentants qui veulent tirer la couverture vers eux ( médecins psychiatres et autres spécialistes de la santé tentent de la discréditer de la faire passer pour aliénée , bourgeois notables la critiquent d’autant plus qu’elle est d’une classe inférieure ) et d’une Eglise tantôt réticente , tantôt adhérente à sa cause notamment avec Le père Peyramale magnifiquement interprété par Jean Marc Bory qui est le premier résistant à se ranger aux côtés cde Bernadette avec son autre vision du monde , son autre vision des hommes.

Elle se heurtera à l’hostilité générale venant de notable et de prêtres incrédules ; seules au début les classes populaires prennent sa défense , rejoints par les biens pensants et ses détracteurs d’autant plus que les premières guérisons miraculeuses ont lieu et sont reconnues. Puis Bernadette entrera chez les sœurs pour parfaire sa culture religieuse et devenir l’une des leurs.

Ce personnage inspirera 8 autres films dont celui avec Jennifer Jones en 1943 qui reste marquant. Celui ci moins spectaculaire avec une acuité différente que chez Cavalier ou Dreyer se veut une biographie conforme à la réalité , consensuel et didactique.

Jean Delannoy tournera un second volet qui narre la vie de Bernadette l’année suivante et fidèle à ses choix terminera sa carrière fort riche déjà par la biographie de Marie qu’il entrepris à 87 ans

(1) Sortie en DVD incluant les deux films biographiques en plusieurs langues et sous titres

Chez CLAVIS FILMS

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LA FOI AU CINEMA: 14-VIRIDIANA de Luis Buñuel 1961 ESPAGNE

Publié le 13/03/2009 à 12:00 par religiosite
LA FOI AU CINEMA: 14-VIRIDIANA de Luis Buñuel 1961 ESPAGNE
FONT=Impact]14 VIRIDIANA de Luis Buñuel 1961 ESPAGNE


Avant de prononcer ses vœux perpétuels et d’entrer dans un couvent espagnol Viridiana (Silvia Pinal) rend visite à son oncle et bienfaiteur Don Jaime (Fernando Rey). Il montre à sa nièce un intérêt profond tant elle ressemble à feu son épouse et lui demandera à brûle pourpoint de remplacer sa femme en revêtant la parure de mariée. Il l’endormira et après quelques caresses et baisers se retira. A son réveil il lui fait croire qu’elle a été violée, puis sort pour se pendre dans son jardin.

Viridiana refuse de retourner au couvent et décide de se montrer chrétienne différemment. Elle recrute un groupe de mendiants qu’elle installe dans la propriété tandis que Jorge (Francisco Rabal) le fils de Don Jaime arrive avec sa compagne Lucia (Victoria Zinny )

Lors d’une absence des nouveaux propriétaires et de Viridiana , les mendiants véritables malotrus et êtres grossiers envahissent la luxurieuse villa et s’en donnant à cœur joie , installant le chaos , le vandalisme et la débauche. Quand les premiers reviendront ,ils subiront la violence de ces derniers, Jorge sera ligoté et Viridiana agressé sexuellement , évitant le viol de justesse. Alertés le maire et les gendarmes accourent et repoussent les intrus. Viridiana va remettre en question ses conceptions religieuse et sociale.

Voilà un film terrible car accusateur , blasphématoire et critique , il décrit la perte de la foi chez une nonne qui par deux fois a failli perdre sa virginité pour l’offrir de son plein gré. Cette abnégation passera par plusieurs phases avant de se concrétiser. Buñuel charge son fils de symboles forts (: un chat saute sur une souris quand Jorge approche la servante pour se servir sexuellement.) et d’images évocatrices

C’est cette même sexualité débridée qui habite cet essaim de mendiants venu butiner sans retenue , avec grossièreté et sauvagerie chez leurs bienfaiteurs , débauche accompagnée de la musique du Messie de Haendel. L’auteur critique la charité chrétienne qu’il juge dérisoire, l’aide aux pauvres maladroite d’autant plus que ceux ci peu reconnaissants sont le contraire d’êtres irréprochables, ils incarnent une société extrémiste dont le comportement hallucinant – un des scènes les plus fortes du film- est une atteinte au droit d’asile et un dérèglement des valeurs chrétiennes . Luis Bunuel devait jubiler lors de ce film au ton blasphématoire ( lors du banquet des mendiants ; la Céne est reproduite alors que règnent lubricité , alcoolisme et violence) et au discours provocateur (la bourgeoisie atteinte de fétichisme, le peuple libidineux et l’église défaitiste)

Le film fit scandale , départagera il aura la palme d’or avec le film de Henri Colpi « Une si longue absence » et ce film iconoclaste pouvait s’appeler « Une aussi logue attente ,le fait le plus drôle fut qu’il représentait l’Espagne alors Franquiste non désireuse de voir la religion tournée en dérision. Luis Buñuel qui sortait d’un exil et vivait au Mexique , y retournera après ce pamphlet dérangeant. Il ne reviendra tourner dans son pays qu’en 1970 après la mort du Caudillo et pour notre plus grand plaisir.[/FONT][[COLOR=brown]


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13 LA FOI AU CINEMA :13- DOUTE de John Patrick SHANLEY 2008 USA

Publié le 17/02/2009 à 12:00 par religiosite
13 LA FOI AU CINEMA :13- DOUTE de John Patrick SHANLEY 2008 USA
13- DOUTE de John Patrick SHANLEY 2008 USA

L’histoire commence en 1964 dans une école catholique tenue de manière directive par la sœur Aloysius Beauvier (Meryl Streep) qui effraie tout le monde y compris élèves et sœurs à l’exception du père Flynn (Philip Seymour Hoffman) prêtre ouvert et moderne un peu trop aux yeux de sœur Aloysius . D’ailleurs la relation entre eux s’exacerbe lors du spectacle de Noël où règlement rigide et vues permissives sont au centre de leur conflit. Et quand la naïve sœur James (Amy Adams ) voit le dit père recevoir en privé le seul élève noir de l’établissement , elle alerte sa supérieure. Celle ci trop heureuse de cette information malheureuse convoquera outre la mère de l’enfant , cet aumônier aux discours trop ouverts pour elle.


Le film relève d’une approche scénaristique assez puissante du à l’auteur réalisateur John Patrick SHANLEY (1) détenteur du prix Pulitzer qui signe là une approche critique d’une partie de l’église qu’il juge surannée , en soulignant un de ses fléaux : la pédophilie et en assurant son regard sur l’intégration. Tous ces thèmes délictuels tournent autour de l’enfant incriminé qui s’avère avoir des penchants homosexuels. Dès lors cette vérité fait place à des interrogations nouvelles chez la mère supérieure qui pourtant ne veut déroger à sa pensée et à une future répression contre l’homme d’église acculé à démissionner. Le vrai problème par rapport aux orientations religieuses est l’obtention de la vérité et quand celle ci souffre de contradictions, le doute s’installe et l’injustice est à ses portes.

Nous ne pouvons reprocher au film d’être plus théâtral que cinématographique, les films qui évoquent des sujets sociaux importants ne sont pas l’apanage du cinéma, et une confrontation de tels acteurs ne peut s’esquiver d’autant plus qu’il est source de réflexion.


(1) Dont la pièce fut jouée en 2006 dans une mise en scène de Roman Polanski avec Thierry Fremont et Dominique Labourier


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LA FOI AU CINEMA :12- SEPT VIES de Gabriel Mucino USA 2008

Publié le 09/02/2009 à 12:00 par religiosite
LA FOI AU CINEMA :12- SEPT VIES   de Gabriel Mucino USA 2008
12- SEPT VIES "Seven pounds" de Gabriel Mucino USA 2008


Voilà un film difficile à suivre car trop épars et un manque de construction qui casse le rythme. il y avait matière à un scénario fort et à une peinture psychologique passionnante et le tout est un ballon de baudruche. C’est fort dommage car l’interprétation est captivante et le scénario intéressant. Il narre le parcours énigmatique d’un homme Ben Thomas (Will Smith ) usurpant une personnalité pour approcher des personnes inconnues à ses yeux en l’occurrence sept – le final expliquera ce geste et ce chiffre - et les aider à sortir de leurs difficultés financières, morales et physiques. Ce bon samaritain va donc venir en aide sans rien réclamer au retour, il paiera même de sa personne. Pourquoi donc le prologue le montre en train d’appeler les secours ? Pourquoi se trouve t-il obligé auparavant de maltraiter un standardiste aveugle au téléphone ?


Ben Thomas est un être blessé , doublement cassé qui a perdu son seul amour et qui tente de revivre enfin de survivre en se présentant comme un sauveur prêt à délivrer les autres .Il a perdu la foi et tente de la retrouver par ses actions généreuses .Ses projets sont mis légèrement en instance quand il tombera amoureux d’une des 7 personnes Emily (Rosario Dawson ) ; Le philanthrope qui a perdu foi en la vie ajournera t-il ses décisions qui sont devenues sa raison de vivre ?

Gabriel Mucino est un réalisateur pertinent, son étude de mœurs sur la vie d'une famille italienne dans « Souviens-toi de moi » l’attestait mais il semble qu’il s’est fait déposséder par son scénario et sa star dans ce « 7 pounds » mélodrame pesant malgré ses deux acteurs intéressants et une trame riche.


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LA FOI AU CINEMA :11 - LA REBELLE de Aurélio GRIMALDI 1991 Espagne

Publié le 06/02/2009 à 12:00 par religiosite
LA FOI AU CINEMA :11 - LA REBELLE  de  Aurélio GRIMALDI  1991  Espagne

11 - LA REBELLE de Aurélio GRIMALDI 1991 Espagne

Deux sœurs Enza (Penélope Cruz ) et Rosaria sont envoyées dans une maison de redressement dirigée par des religieuses . Elles ont le droit néanmoins dans cet endroit difficile dirigé de main de fer de partir le week-end à leur domicile. Enza va rencontrer un vendeur à la sauvette Sébastiano ( ) puis un célibataire peu sérieux qui couchera avec Rosaria aussi. Fait qui ne fera qu’aggraver la tension entre elles et la révolte de Enza qui est enceinte. Enza part et refuse de fréquenter cette gente masculine.


Le film pro féministe est le combat des femmes dans une Espagne des années 90 qui venait de rentrer dans l’Union européenne et ne s’était pas débarrasser de son machisme ambiant. Enza est une rebelle contre toute forme de pouvoir ; social , masculin et religieux. Pourtant c’est avec sœur Valida (Laura Betti ) qu’elle échange des rapports certes houleux mais sincères . Enza décidera quant à sa grossesse, Enza choisira son chemin : la dernière scène du film montre une Enza sortant de la mer prendre un autobus et fuir un amoureux lâche. Elle est assisse les vêtements humides , le visage en pleurs et le regard ailleurs abattue ; cette léthargie sera de courte durée , elle se tourne et fixe la caméra et nous fixe, un timide sourire apparaît furtivement. Le générique de fin peut défiler , nous savons que Enza est devenue forte, qu’elle est partie combattre seule et envers tous


LA FOI AU CINEMA : SANS NOUVELLES DE DIEU de Agustín Díaz Yanes 2001

Publié le 31/01/2009 à 12:00 par religiosite
LA FOI  AU  CINEMA :  SANS NOUVELLES DE  DIEU de Agustín Díaz Yanes 2001
10-SANS NOUVELLES DE DIEU «Sin noticias de Dios » de Agustín Díaz Yanes 2001 ESPAGNE

Voilà un film délirant qui redessine l’univers du paradis et de son contraire . La trame est originale : le Ciel fait le bilan de sa dernière décennie qu’il juge catastrophique du fait du nombre moindre d’entrées, constat qui réjouit les dirigeants de l’Enfer qui sentent une victoire dans ce match éternel. L’enjeu pour décider de la victoire est un boxeur Many Chavès (Demián Bichir ) dont il faut sauver l’âme.Le prologue
dramatique va donner le ton : deux femmes dissertent sur le travail et le pouvoir de Dieu puis se dirigent vers un hangar habité , sortent deux flingues et se cachent le visage d’un masque. Ce sont ces deux envoyés du bien Lola Nevado(Victoria Abril ) et du mal Carmen Ramos (Penélope Cruz) quivont tenter de sauver ou non Many.


L’entreprise louable est captivante et déroutante , une fascination apportée par un non conformisme- le royaume du mal ne nous présente point de personnes avec cornes et queue fourchue ; leur secrétaire est habillée de blanc et leur président général Davenport (Gael García Bernal) en couleurs vives tandis que l’attachée du ciel, (Fanny Ardant) est en habits sombres – et une étrangeté due à un scénario non consensuel qui offrira plusieurs rebondissements.

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Ses personnages sont attachants car leur foi vacille et va toucher leurs raisons, ils sont écorchés et s’agitent dans un monde de méchanceté gratuite et partent en crise quittent à ébranler leurs univers respectifs
Le film virevolte du noir et blanc ( Le paradis) à la couleur ( réalité et enfer) joue sur le langage ( on y parle français – espagnol et anglais) sur le décor ( Les 2 mondes sont on ne peut plus bureaucratisé) et introduit moult références cinématographiques Tarentino – Scorsese et un hommage superbe à Rita Hayworth lors de la scène où Victoria Abril – excellente toute au long- danse avec une tenue et des gants longs rappelant la danse suggestive de « Gilda »

Agustín Díaz Yanes nous offre une comédie proche de ses modèles américains tout en gardant sa spécificité , sans temps mort et diablement construit.


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FOI et 7 ième ART (9- THERESE de Alain Cavalier 1986 France )

Publié le 29/11/2008 à 12:00 par religiosite
FOI et 7 ième ART (9- THERESE de Alain Cavalier 1986 France )
9 THERESE de Alain Cavalier 1986 France


La vie de Thérèse Martin qui entra au couvent jeune (carmélite à 15 ans ) et mourût à 25 ans de tuberculose. Sa personnalité, son aura et son impact marquera l’époque. De surcroit sa relation épistolière sous forme de journal autobiographique. Sa béatification en 1923 surprendra la mère supérieure de son monastère et obtiendra la canonisation 2 ans plus tard. En 1929 un édifice lui sera consacré à Lisieux pour celle qu’on appellera Sainte Thérèse

La dimension de cet être est surdimensionnée et déroutante, c’est une jeune fabuleuse qui a besoin de communiquer et d’aimer. Alain Cavalier la montre comme une personne sensible, fragile et fragilisée par sa vie (mère morte jeune et père chéri décédé durant son adolescence)

Thérèse la foi en l’homme, en la vie, son amour démesuré pour le christ est aussi touchant qu’effrayant tant ce sentiment s’apparente à de l’idolâtrie et au fanatisme religieux. Son abnégation prend des formes qui la mettent en danger(1) : elle ne soigne sa tuberculose, souffrir doit faire partie de son chemin vers son élu dont elle se proclame le bébé. Au-delà de la spiritualité il y a chez cette adolescence en mal d’entité, une recherche affectueuse. Thérèse est une bienheureuse, en félicité permanente qui cherche ses repères, une mystique qui se veut communicative et qui existe que dans ses privations et autres abstinences.

Catherine Mouchet à la voix fluette, enfantine u visage radieux inonde de sa présence le film de Alain cavalier qui refuse la biographie traditionnelle conciliante et édulcorée, il capte quelques instants de la vie de cette passionnée, il reste toute mise en scène spectaculaire ou trop expressive, les décors sont réduits dans leur plus simple expression pour ne pas dire quasiment absent ; réalisation spécifique qui apporte une intensité forte et omniprésente à cette narration. Si le film passionnant et enthousiaste ne se veut ni un pamphlet, ni un panégyrique il n’en souligne pas moins l’exigence religieux, la souffrance spirituelle et la foi dans toute sa splendeur.


(1) N’entrez pas là dedans « dira un religieux « c’est dangereux »

FOI et 7 ième ART(8 MOUCHETTE de Robert BRESSON 1967 France)

Publié le 14/11/2008 à 12:00 par religiosite
FOI et 7 ième ART(8 MOUCHETTE de Robert BRESSON 1967 France)

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8 MOUCHETTE de Robert BRESSON 1967 France


Mouchette (Nadine Nortier ) (1) est une adolescence qui vit mal son univers ; misérable et frêle elle est la fille d’un père ivrogne violent et égoïste et d’une mère malade (Marie Cardinal ) (2) toujours alitée. Son individualisme, son comportement la fait rejeter de ses profeseurs et camarades de classe. La rencontre avec Arsène un braconnier alcoolique qui se montre au début conciliant, protecteur et va abuser d’elle va modifier son comportement et son regard sur le monde adulte. Elle tente de se raconter auprès de sa mère qui s’éteindra avant sa confession. Mouchette n’a plus d’autre issue que d’échapper à cet univers campagnard


Le film adopte volontairement un ton monocorde, un réalisme exacerbé fait de temps, de jeu d’acteurs non démonstratifs et de longs silences, le tout dans un silence d’église et dans un film en noir et blanc baigné par la musique mystique de Monteverdi.Robert Bresson catalogué comme cinéaste chrétien adopte un livre de Georges Bernanos (3) qui ne l’était pas moins et cherche en navigant dans l’âme de Mouchette les éléments humains mis en contraction : solitude, amour, reconnaissance courage et foi. Foi mise à rude épreuve pour cette héroïne – et Mouchette l’est tant elle résiste à ce monde fermé- d’autant plus que la violence humaine atteint son paroxysme avec ce viol.


Peinture d’un monde hostile composé de pauvres paysans, parfois violents, toujours buveurs invétérés, frustres pour ne pas dire sauvage et égoïstes. Avec ce documentaire fictionnel Bresson ne se veut pas polémique pour autant il montre une âme perdue dont la foi s’étiole, une adolescente innocente prise dans les mailles du monde adulte, la scène prémonitoire de la chasse aux lapins est à ce titre une parabole, Mouchette émeut touche et laisse une interrogation, d’ailleurs son personnage sera repris dans d’autres adaptations de Bernanos.(4) . Le film maitrisé laisse poindre une angoisse, un malaise qui le fait rapprocher d’un Dreyer certes moins pessimiste et en fait une œuvre forte impressionnante dont le spectateur emmène avec lui les images.

(1) Seul film

(2) Plus connu comme romancière (Les mots pour le dire – La clé sous la porte)

(3) Dont il avait déjà adapté « Le journal d’un curé de campagne »

(4) « Sous le soleil de Satan « en 1971 et 1987 joué par Sandrine Bonnaire


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